Edition No 3/2025

16 VÉHICULES ET TECHNIQUE Interdiction des moteurs à combustion interne, fin des moteurs à combustion interne: peu importe le terme que l’on utilise, la fin des moteurs à combustion interne fait l’objet de vives discussions, à partir de 2035 au plus tard, depuis la décision du Parlement européen et du Conseil de l’UE en 2023, seuls les véhicules ne produisant pas d’émissions de CO2 pendant leur fonctionnement pourront être vendus. Un compromis autorisant également les véhicules à moteur hybride ou à combustion fonctionnant aux carburants synthétiques a été rejeté, tout comme la proposition sans compromis d’introduire cette interdiction dès 2023. Mais la décision en question n’a jamais semblé vraiment tenir la route. En fin de compte, la question (justifiée) de savoir si le moteur à combustion interne était à tous égards un obstacle à la réalisation des objectifs climatiques, car il peut également fonctionner avec des carburants alternatifs et pas seulement avec du diesel et de l’essence d’origine fossile, a toujours été en suspens. Peu avant sa réélection, au milieu de l’année dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a laissé entrevoir un abandon de l’interdiction stricte des moteurs à combusDe la combustion interne à la «neutralité technologique illimitée»: l’UE a du mal à prendre la décision d’interdire les voitures neuves équipées de moteurs à combustion interne à partir de 2035. Il est fort possible que non seulement la date soit modifiée, mais que l’interdiction soit complètement suspendue. TEXTE ET PHOTOS: DANIEL VON KÄNEL tion interne d’ici 2035, dans le cadre de la révision des valeurs limites des flottes de véhicules, qui était en fait prévue pour 2026. L’un des objectifs est d’atteindre «une neutralité technologique sans restriction». Le commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas, a entre-temps annoncé que cette révision devrait avoir lieu cette année encore. L’euphorie s’estompe Pour les voitures, la propulsion purement électrique à batterie a été présentée ces dernières années comme la solution d’avenir, et ce de manière quasi incontestée. Même les constructeurs automobiles étaient d’avis que le moteur à combustion interne serait bientôt de l’histoire ancienne. Aujourd’hui encore, l’efficacité du moteur électrique est très appréciée. Mais les prix élevés, les structures tarifaires complexes des nombreux fournisseurs d’électricité et les possibilités de recharge insuffisantes ont réduit l’intérêt des consommateurs. A cela s’ajoutent des projets coûteux, mais qui ont échoué ou qui se développent lentement, pour produire des batteries en Europe, et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine: Northvolt est au bord du gouffre, et pour les usines prévues en France, on ne sait pas sur quelle technologie de cellules il faut miser. Tant que tous ces défis n’auront pas été relevés, les moteurs à combustion resteront populaires, d’autant plus que les carburants synthétiques peuvent avoir un bien meilleur bilan climatique que l’essence et le diesel. Cependant, ils ne seront jamais aussi efficaces qu’une électricité produite de manière relativement propre et, selon diverses études, ils ne seront probablement jamais aussi bon marché. Le débat sur l’interdiction des moteurs à combustion doit être mené de manière honnête. La «neutralité technologique illimitée» ne doit pas être utilisée à mauvais escient par des nostalgiques, des lobbyistes en tout genre ou des visionnaires dont le marketing est bien en avance sur l’ingénierie et la réalité du marché ou de la vie des gens. Pas si compliqué, mais passionnant En ce qui concerne les véhicules utilitaires lourds, la réalité du marché est plus favorable aux modes de propulsion alternatifs. Les ventes de camions électriques à batterie sont en constante augmentation, tout comme leur part de marché. Les grandes entreprises de transports peuvent se permettre d’investir Moteur à combustion interne: toujours pas d’interdiction en vue?

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