Edition No 3/2025

20 TRANSPORT ET INFRASTRUCTURE Pour que les animaux puissent traverser la route nationale en toute sécurité: à Neuenkirch (LU) se trouve l’un des 41 passages pour le gros gibier en Suisse. Alors que les hommes se déplacent quotidiennement pour aller travailler ou se rendre dans leur station de ski préférée, les animaux se déplacent pour des raisons complètement différentes: ils sont à la recherche de nourriture, d’un abri sûr ou d’un partenaire pour se reproduire. Pour ce faire, ils suivent leurs itinéraires habituels entre les forêts, les haies et les cours d’eau. Mais de plus en plus de ces corridors de passage pour la faune sauvage sont coupés par des routes et des voies ferrées. Il est donc pratiquement impossible pour les animaux sauvages de les traverser, alors que c’est vital pour eux. En 2020, il existait en Suisse 304 corridors faunistiques d’importance suprarégionale. Mais seul un tiers d’entre eux est encore intact. Les chevreuils, les cerfs, les sangliers, mais aussi les renards, les lièvres, les amphibiens et les chauves-souris ont besoin de ces liaisons, sans lesquelles leur existence serait menacée. Des passages sécurisés Afin de relier ces habitats morcelés, l’Office fédéral des routes (OFROU) construit des Les routes nationales constituent l’épine dorsale de notre mobilité. Mais pour la faune sauvage, elles ressemblent plutôt à des barrières mortelles qui coupent les voies de migration. Les ponts et passages souterrains pour animaux sauvages sont là pour remédier à cela. Et ils sont très utilisés, et pas seulement par la faune sauvage. TEXTE: FABIENNE REINHARD PHOTO: ASTRA ponts et des tunnels en collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et les cantons le long des routes nationales. Ainsi, les animaux peuvent traverser les routes sans danger. Dès le début des projets de maintenance et d’extension de l’infrastructure routière nationale, l’OFROU, l’OFEV et les cantons examinent ensemble si et où de tels passages sont nécessaires, car plus de 40 des corridors faunistiques connus se trouvent directement dans le réseau des routes nationales. Associés à des clôtures de protection, ces ouvrages augmentent non seulement les chances de survie des animaux, mais aussi la sécurité des usagers de la route, car moins de passages d’animaux sauvages signifie aussi moins d’accidents. C’est finalement aux animaux euxmêmes de décider où et comment construire ces infrastructures, en fonction de leurs itinéraires de migration documentés. Des spécialistes de la biologie et de la protection de la nature déterminent quelles espèces animales vivent dans les environs et quels sont leurs besoins. Les endroits les plus appropriés sont ceux où l’homme dérange le moins possible. Ces endroits sont de préférence des zones boisées, des cours d’eau ou des haies, car c’est là que les animaux sauvages se déplacent principalement. Pour les amphibiens, il existe des plans d’eau et des cachettes artificielles. L’OFROU s’efforce de limiter autant que possible les restrictions de circulation pendant la phase de construction. Circulation intense d’animaux Mais les animaux acceptent-ils les constructions réalisées par l’homme? La réponse est oui. L’OFROU utilise des pièges photographiques, des enregistrements vidéo infrarouges et des bandes de sable pour vérifier l’utilisation de chaque passage et évaluer les mouvements des animaux. Le suivi montre que les ponts et les tunnels sont utilisés par un grand nombre d’espèces, des chevreuils et des cerfs aux petits animaux tels que les lièvres, les souris et les amphibiens, en passant par les renards, les blaireaux et les sangliers. Outre la «clientèle» prévue à l’origine, les chats domestiques tombent également dans les pièges photographiques Là où le renard et le lapin se disent bonne nuit

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