Edition No 8/2025

14 TRANSPORT ET INFRASTRUCTURE Le transporteur Galliker utilise déjà près de 100 camions électriques. L’expérience montre qu’aujourd’hui, le plus grand défi ne concerne pas la technologie des véhicules, mais l’alimentation électrique du site. Avec quatre Nissan Ariya automatisés, le projet «iamo» vise à connecter les habitants de la vallée du Furttal aux transports publics. En Suisse, les camions sans émissions équipés d’une motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible sont exemptés de la RPLP. La Suisse dispose ainsi d’un système d’incitation que nous envient de nombreux pays, car il constitue un moyen efficace de taxer le CO2. Lors du Forum des transports d’Electro- suisse, Christoph Schreyer, responsable des transports énergétiquement efficaces à l’OFEN, a cité cette incitation comme l’une des raisons pour lesquelles les camions électriques lourds sont si répandus en Suisse. Au cours du premier semestre 2025, 9,7% des poids lourds (>16 tonnes) immatriculés étaient des camions électriques, contre 5,5% des poids moyens (3,5–16 tonnes), soit au total 17,2% des nouvelles immatriculations de camions. Dans ce domaine, la Suisse est suivie par les Pays-Bas, dont la part est inférieure de 0,5% (5,3% pour les poids lourds, 11,4% pour les poids moyens). Outre la RPLP, Christoph Schreyer mentionne également l’offre croisAu premier semestre 2025, la Suisse est en tête des pays européens en matière d’homologation des motorisations alternatives pour les véhicules utilitaires. Mais la Suisse est également pionnière dans le domaine de la conduite automatisée. C’est ce qu’a démontré le forum consacré aux transports lourds organisé le 10 septembre dernier. TEXTE: MARTIN SCHATZMANN PHOTOS: MÀD sante de modèles de véhicules, qui explique la croissance exponentielle actuelle des immatriculations de camions électriques. Selon les calculs de Christoph Schreyer, un transporteur qui utilise un camion exempté de la RPLP économise entre 25800 francs (camion de 28 tonnes, 60000 km) et 76500 francs (camion de 40 tonnes, 80000 km) par an. Sur sept ans, il économise 28% des coûts totaux (–365000 francs) avec un camion de 40 tonnes, mais cela ne tient pas compte des investissements initiaux dans l’infrastructure de recharge. Même avec l’introduction progressive de la RPLP pour les camions électriques prévue à partir de 2029, les calculs de Christoph Schreyer montrent encore une économie substantielle par rapport aux camions diesel. Dans sa présentation, Peter Galliker, P.-D.G. de Galliker Transport SA, a exposé les projets d’avenir de l’entreprise, qui exploite déjà aujourd’hui une flotte de près de 100 camions électriques. Ces projets s’appuient sur l’infrastructure de recharge rapide mise en place dans chaque succursale et sur une réflexion ciblée sur les nouveaux défis à relever. Il s’est avéré qu’aujourd’hui, le défi ne résidait pas dans la technologie automobile, mais dans la disponibilité de l’électricité, respectivement dans l’alimentation électrique fournie par les exploitants de réseau. Avec le projet E-Power 2.0, Galliker souhaite aller plus loin afin que d’ici à 2035, 70 % de la flotte nationale soit neutre en CO2 (contre 12,5% actuellement), 30 % de la flotte internationale (contre 3,2% actuellement), et que 100% de l’électricité solaire produite par Galliker soit également stockée par l’entreprise elle-même. La demande de subvention correspondante est encore en cours d’examen par la Confédération, et pour Peter Galliker, l’obtention de cette aide sera déterminante pour savoir si le projet pourra être lancé aujourd’hui ou dans dix ans seulement. D’autres exemples pratiques liés à l’électrification ont également été présentés par des entreprises de transport telles que Bernmobil, TPB (Bienne), BVB Basel (Bâle) et CarPostal. Conduite automatisée Avec l’ordonnance sur la conduite automatisée en vigueur depuis le 1er mars dernier, la Suisse joue un rôle de premier plan dans ce secteur prometteur. Oliver Nahon et Matthias Rödter en sont convaincus. Oliver Nahon est directeur de la Swiss Association for Autonomous Mobility SAAM (Association suisse pour la mobilité autonome) et Matthias Rödter est président du Swiss Transit Lab. Cette ordonnance est particulièrement saluée, car aucune autre législation sur la conduite autonome au monde n’est aussi ouverte. Elle permet donc également la réalisation de projets tels qu’«Artour» à Arbon (voir détails dans l’article suivant) ou «iamo» dans la vallée du Furttal. Dans le cadre du projet «iamo» (mobilité automatisée intelligente), des voitures et des La Suisse joue un rôle de pionnière Forum e-mobile sur le trafic lourd 2025

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