Tester avec délicatesse

Véhicules et technique Ausgabe-06-2026

Le freinage avec des pneus de voiture est analysé dans une halle automatisée.

Pour le développement de ses pneus, Continental exploite 16 sites de recherche et développement et quatre centres d’essais à travers le monde. Outre le centre d’essais hivernaux en Suède et le centre d’essais mécaniques en Chine, les sites d’Uvalde, au Texas, et le Contidrom constituent les principaux sites d’essais de pneus. Le Contidrom a été mis en service il y a cinquante-neuf ans au nord de Hanovre et n’a cessé d’être modernisé depuis. Ce site est exclusivement dédié au développement des pneus.

Au cœur du site de 167 hectares se trouve l’ovale de haute vitesse, qui s’étend sur 2,8 kilomètres et comporte deux virages serrés. A cela s’ajoutent un parcours de maniabilité sur sol sec et un autre sur sol mouillé, deux circuits de différentes tailles à parcourir sur sol mouillé, des pistes de freinage sur sol mouillé, de confort et de mesure du bruit, ainsi que des structures destinées au freinage automatisé sur sol mouillé et des simulateurs de conduite ultramodernes.

«Aujourd’hui, les pneus doivent répondre à des priorités différentes selon le client final, équipementier d’origine ou gestionnaire de flotte», explique Hinnerk Kaiser, responsable du développement des pneus pour bus et camions. Pour les équipementiers, la durabilité et la conformité réglementaire, et surtout la réalisation des objectifs Vecto ont joué un rôle central. Les gestionnaires de flottes se concentrent quant à eux sur le coût total d’exploitation, mais aussi sur la numérisation de la gestion de leur flotte et de leurs pneus. La mise au point d’un nouveau pneu ou d’une nouvelle gamme de pneus est donc une tâche particulièrement exigeante. Les essais réalisés pour le Conti Eco Gen 5, par exemple, ont été si intensifs qu’ils auraient permis d’effectuer environ 26 allers-retours vers la Lune. On a notamment simulé 200 variantes, testé 1000 prototypes, évalué 600 pneus et parcouru 20 millions de kilomètres sur la piste d’essai.

Outre les données objectives issues des mesures, Continental s’appuie également sur les retours d’expérience de ce que l’on appelle des évaluateurs subjectifs. Ces pilotes d’essai spécialisés viennent compléter l’armée de pilotes d’essai «classiques» et sont formés de manière ciblée par Continental à l’évaluation des pneus. Ce sont tous des techniciens automobiles issus du monde de la course automobile, habitués à percevoir et à signaler la moindre modification apportée à un véhicule grâce à ce qu’on appelle leur «sixième sens».

Si les évaluateurs subjectifs interviennent principalement dans le domaine des pneus de voitures particulières, certains d’entre eux se sont toutefois spécialisés dans les pneus de camions et d’autobus.

Martin Schatzmann