40 VÉHICULES ET TECHNIQUE L’industrie du pneu est en pleine mutation: chaque année, la demande en pneus de 20 pouces et plus augmente, conséquence de la taille et du poids croissants des véhicules. Parallèlement, les composants évoluent également: les pneus sont de plus en plus souvent fabriqués à partir de matériaux durables et recyclés. Le fabricant Michelin confirme cette tendance: ses pneus sont aujourd’hui composés en moyenne d’environ 31 % de matières premières renouvelables ou recyclées. Parmi celles-ci figurent le caoutchouc naturel, les plastiques recyclés ainsi que la suie et l’acier recyclés. De plus en plus, des additifs naturels innovants tels que l’huile de tournesol ou les limonènes issus des écorces d’orange remplacent également les composants d’origine fossile. Selon Cyrille Roget, directeur de la communication scientifique et de l’innovaAujourd’hui, les pneus sont de plus en plus souvent fabriqués à partir de matériaux durables ou recyclés. Mais quel est l’impact de cette évolution sur leur élimination et leur recyclage en Suisse? Recyclage des pneus Dans quelle mesure les pneus modernes sont-ils durables? TEXTE: FABIENNE REINHARD PHOTOS: ARCHIVES tion chez Michelin, ce n’est toutefois pas l’innovation seule qui est déterminante, mais son impact global: les matériaux renouvelables ou recyclés ne sont utilisés que s’ils présentent un meilleur bilan environnemental sur l’ensemble de leur cycle de vie («Cradle to Grave» ou, en français, littéralement «du berceau à la tombe»). La recyclabilité est préservée Malgré l’utilisation de nouveaux mélanges de matériaux, Cyrille Roget rassure: «Les pneus sont recyclables à 100 % et le resteront.» Les matériaux alternatifs présenteraient des propriétés comparables à celles des matériaux remplacés et n’affecteraient pas leur recyclabilité. Du point de vue de l’Association Suisse du Pneu (ASP) également, il n’y a pas de différences fondamentales entre les pneus classiques et ceux contenant une plus grande proportion de matériaux durables. Les composants recyclés et biosourcés font partie intégrante des pneus standard depuis des années déjà, même si c’est en quantités moindres. La situation se complique toutefois avec les fonctions supplémentaires: les pneus «Seal» anticrevaison, dotés d’un produit d’étanchéité intégré, peuvent obstruer les broyeurs et compliquer le recyclage des matériaux. Ils sont donc souvent valorisés thermiquement. Il en va de même pour les pneus de type «Silent»: alors que les anciens modèles posent problème, les nouvelles solutions, qui intègrent une mousse absorbante collée, permettent de plus en plus souvent une élimination conventionnelle. En Suisse, la valorisation thermique reste le principal mode d’élimination. Les pneus usagés sont Sans pneus, pas de transport routier. Outre la sécurité et la longévité, la durabilité joue un rôle de plus en plus important.
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