Les médias ont indiqué que le salaire mensuel brut moyen suisse, toutes professions confondues, était d’environ 7000 francs. Il faut savoir que l’Office fédéral de la statistique inclut le 13e mois dans les 12 mois de salaire annuel. Avec 13 mois de salaire, le salaire moyen s’élève donc à environ 6500 francs.
Une poussée inflationniste s’est produite à partir de 2020. D’une part, le commerce international ne fonctionnait plus comme avant, et d’autre part, les services «d’importance systémique» ont repris de la valeur. Ce qui est produit ici, sur place, est devenu plus cher. Les artisans constituaient une denrée rare et cela valait aussi pour les chauffeurs.
Nous avons également lancé une initiative qui a sensibilisé certains employeurs et conduit à des améliorations salariales. Quelques années ont passé depuis, et l’Office fédéral de la statistique (OFS) a mis à jour ses statistiques salariales. Les statistiques de l’OFS sont assez fiables, les chiffres proviennent de sources très diverses et l’OFS peut facilement accéder aux données de l’AVS ou de la SUVA. Ces informations sont accessibles à tous sur Internet à l’adresse salarium.bfs.admin.ch. Pour obtenir des données, il faut indiquer le secteur d’activité, la profession, la région, l’âge et d’autres informations complémentaires. Le résultat correspond à un salaire moyen ainsi qu’à un salaire concernant 25 % des employés qui se situent au-dessus ou en dessous de cette moyenne. De cette manière, on obtient un salaire moyen ainsi qu’une indication pour un salaire plutôt élevé et un salaire plutôt bas. Mais cela signifie également que 25 % des salariés ont un salaire supérieur à un bon salaire et 25 % un salaire inférieur à un salaire médiocre. Entre le bon et le mauvais salaire, l’écart peut atteindre 1500 francs. Autre fait intéressant: les frontaliers et les femmes sont payés environ 10 % de moins.
Il est utile de saisir les informations relatives à votre situation personnelle et de les comparer à votre salaire brut. Pour cette comparaison, il est important de fournir les informations exactes et d’évaluer correctement vos revenus. Si je touche un 13e mois, je dois l’ajouter aux 12 autres mois pour la comparaison. Si mon salaire est égal ou supérieur aux informations fournies par Salarium, cela signifie que mon chef m’évalue probablement bien, voire mieux que je ne le fais moi-même. Si c’est effectivement le cas, je n’ai pas à m’inquiéter outre mesure: il me suffit de continuer à bien travailler et tout le monde sera satisfait. Si mon salaire est inférieur, c’est que je me surestime, que mon chef n’apprécie pas mon travail ou que mon entreprise est en crise. Si je souhaite obtenir une augmentation, plusieurs possibilités s’offrent à moi en fonction de la raison réelle: j’améliore mes performances de manière à ce que mon chef le remarque. Ou alors: mes performances sont déjà bonnes, mais je dois m’assurer que mon chef le sache et le comprenne.
Cela peut parfois prendre un certain temps. Si rien ne fonctionne, alors je vais chercher un autre patron ou un autre travail qui me convienne mieux. En revanche, ce qui constitue plutôt une mauvaise idée serait de se résigner et de revoir ses performances à la baisse. Pour un bon cheval, il n’est jamais recommandé de se retrouver dans une mauvaise écurie. Et n’oubliez pas qu’une personne considérée comme paresseuse, démotivée et déprimée n’aura aucune chance de trouver un nouvel emploi.
Même si les salaires se sont améliorés ces dernières années, certains ont encore du retard à rattraper. Il faut toutefois noter qu’en matière de salaires, le secteur des transports est à la traîne par rapport à d’autres secteurs artisanaux. Dans le secteur de la construction, chez les mécaniciens automobiles et dans d’autres métiers artisanaux, les salaires sont généralement plus élevés. Seules l’hôtellerie-restauration et l’agriculture paient moins bien. De plus, la plupart des chauffeurs continuent de travailler plus longtemps que dans les métiers artisanaux. La volonté de travailler plus longtemps que les autres peut s’expliquer par le plaisir et la joie que procure le travail. Mais renoncer à un salaire suffisant peut mettre en péril son existence. En effet, le logement, l’assurance maladie et les impôts ne peuvent pas être payés avec la satisfaction professionnelle. Parfois, une réduction des primes d’assurance maladie peut aider. Mais cela montre que certains salaires ne suffisent pas pour vivre. Le niveau salarial globalement plus bas est difficile à justifier et reste la cause principale de la pénurie de chauffeurs.
Texte, Photo et Graphiques: David Piras
Salarium
https://www.salarium.bfs.admin.ch/


