Danger naturel – route fermée – Mieux vaut faire un détour plutôt que de risquer d’avoir un accident

Transport et infrastructure Ausgabe-03-2026

En juin 2024, une coulée de boue a détruit une partie de l’autoroute A13 dans la région de Moesa, avec de graves répercussions sur la circulation.

Les chutes de pierres, les coulées de boue et les avalanches touchent particulièrement durement le trafic lourd. Pourquoi les routes alpines sont-elles de plus en plus souvent fermées, comment le changement climatique modifie-t-il les risques et pourquoi les ouvrages de protection doivent-ils être plus robustes aujourd’hui qu’il y a quelques années?

Ceux qui roulent régulièrement à bord d’un poids lourd le savent bien: une ligne rouge clignotant sur le GPS signifie que la route du col est fermée, ou que le tunnel est bloqué: le trafic est alors bloqué sur plusieurs kilomètres et l’horaire est bouleversé. Souvent, ces perturbations sont dues à des risques naturels: chutes de pierres, éboulements, glissements de terrain, coulées de boue, avalanches ou inondations. Ces phénomènes sont en augmentation, en particulier dans les Alpes. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement pour les chauffeurs? Et les méthodes de construction et de rénovation ont-elles changé par rapport à avant?

Les routes des Alpes

Toutes les routes ne sont pas exposées de la même manière à ces risques naturels. Environ 300 kilomètres, correspondant à environ 10 à 15 % du réseau routier national, se trouvent dans des zones exposées, principalement le long des axes alpins et des cols tels que le Simplon, le San Bernardino, le Julier ou le Brünig. Dans ces zones, les phénomènes naturels peuvent avoir un impact direct sur la chaussée. «Les cols alpins, les vallées alpines et certaines sections du Jura et du Plateau sont particulièrement menacés», explique Cornelia Winkler, spécialiste des risques naturels à l’Office fédéral des routes (OFROU), dans une interview publiée dans le rapport de l’OFROU de 2025 consacré au développement durable. Elle y précise également que les effets du changement climatique sont clairement perceptibles: les fortes précipitations sont plus fréquentes et plus intenses qu’auparavant; les coulées de boue et les inondations ne sont plus seulement des phénomènes estivaux, mais peuvent se produire tout au long de l’année. A cela s’ajoute le dégel du pergélisol en altitude, qui rend les pentes plus instables. Pour les chauffeurs, cela signifie que les incidents surviennent plus rapidement et qu’ils sont souvent plus imprévisibles. Il est donc d’autant plus important de disposer d’une infrastructure préparée à faire face à ces évolutions.

Minutieusement vérifié

En tant qu’exploitant des routes nationales, l’OFROU est tenu de planifier, de construire, d’entretenir et d’exploiter l’infrastructure routière selon des normes clairement définies. Les dangers naturels potentiels sont pris en compte dès la phase de planification. C’est à cette fin que l’OFROU analyse (tous les 100 mètres sur les autoroutes) les risques de dommages sur l’ensemble du réseau routier national. Pour ce faire, il travaille en étroite collaboration avec l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Les cartes des dangers indiquent où et avec quelle intensité les dangers naturels sont susceptibles de se produire. Des mesures de protection sont mises en place sur les tronçons à haut risque, par exemple des filets pare-pierres, des ouvrages paravalanches, des galeries ou des stabilisations de pentes. Dans les situations extrêmes, une fermeture temporaire reste parfois la dernière option. Pour l’OFROU, il s’agit toutefois de peser soigneusement les avantages et les inconvénients d’une telle mesure, car tous les dangers ne peuvent pas être écartés: «Nous protégeons les routes nationales dans la mesure du possible là où la nature pourrait causer les plus gros dégâts», explique Cornelia Winkler dans le cadre de cette interview.

Des contrôles et des rénovations

Les mesures de protection existantes sont régulièrement contrôlées dans le cadre de l’entretien et de la rénovation des tronçons routiers et adaptées aux normes en vigueur. Les nouvelles connaissances issues de la recherche et de la pratique sont également prises en compte dans la conception des mesures de protection, par exemple pour les filets pare-pierres, les galeries ou les ouvrages paravalanches. Le col du Simplon en constitue un bon exemple: après une coulée de boue survenue en juin 2024, la galerie de protection Engi, qui avait été ensevelie, a été renforcée de manière ciblée. Elle devrait ainsi résister à des coulées de boue plus importantes et contribuer à maintenir la route du col du Simplon ouverte de façon aussi fiable que possible.

Comme des coulées de boue ou des chutes de pierres sont encore à craindre dans cette région à l’avenir, l’OFROU surveille en permanence le versant situé au-dessus de la galerie. Des capteurs enregistrent les moindres mouvements du sol et des caméras fournissent en continu des images actuelles. Une station météorologique mesure également, entre autres, la quantité de précipitations. Si un danger imminent est détecté, le système intervient immédiatement: un feu tricolore bloque automatiquement l’A9 au Simplon, afin qu’aucun véhicule ne s’engage sur ce tronçon dangereux.

Malgré toutes les précautions prises, il n’est pas toujours possible d’éviter les fermetures. En cas d’urgence, l’OFROU peut toutefois agir rapidement. Dans de telles situations, une base légale lui permet d’attribuer des travaux sans passer par de longues procédures. L’objectif est de rendre la route praticable le plus rapidement possible. Ce fut également le cas en juin 2024, lorsque de violentes intempéries ont causé d’importants dégâts non seulement au Simplon, mais aussi dans la région de Moesa (Grisons) et le long du Rhône (Valais), entraînant la fermeture des autoroutes A9 et A13: une opération complexe et coûteuse. C’est pourquoi Cornelia Winkler a déclaré dans une interview que son objectif était d’empêcher tout dommage de se produire. L’OFROU consacre des moyens importants à la prévention et investit chaque année entre 15 et 20 millions de francs, avec une tendance à la hausse.

Conclusion: la sécurité avant tout

Les fermetures et les déviations sont pénibles pour les chauffeurs, cela ne fait aucun doute. Mais elles servent avant tout à garantir la sécurité. Des systèmes d’alerte précoce, des ouvrages de protection robustes et des rénovations préventives visent à éviter tout accident. En d’autres termes, même si un blocage coûte du temps dans l’immédiat, il contribue à garantir la sécurité, la fiabilité et la prévisibilité des trajets des chauffeurs à long terme, en particulier sur les itinéraires difficiles traversant les Alpes.

Texte: Fabienne Reinhard
Photos: Police Cantonale GR / Daniel von Känel

 

Les impacts du changement climatique sur les routes


– Précipitations fortes plus fréquentes et plus intenses
– Augmentation des glissements de terrain, des coulées de boue et des chutes de pierres
– Avalanches survenant dans des endroits jusqu’ici peu touchés

Source: «Climat CH2025». Code QR vers le site Web.