Davantage de contrôles fixes – Les camions peuvent être mieux inspectés dans les centres de contrôle

Transport et infrastructure Ausgabe-04-2026

Les centres de contrôle du trafic lourd, comme celui de Giornico (TI), permettent d’effectuer des contrôles plus approfondis sur les camions que lors des contrôles mobiles.

Les statistiques relatives aux contrôles du trafic lourd réalisées par l’Office fédéral des routes (OFROU) et l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) pour l’année 2025 ont été publiées. Elles montrent que le nombre de contrôles effectués est resté à peu près identique à celui de l’année précédente.

En 2025, la Confédération et les cantons ont contrôlé au total 124 877 camions, bus et autres fourgonnettes. «Le nombre total de contrôles est ainsi resté pratiquement stable (–2 %) par rapport à l’année précédente», indiquent l’OFROU et l’OFDF. Ces deux offices fédéraux ont récemment publié les statistiques relatives aux contrôles du trafic lourd effectués en 2025.

Sur mandat de la Confédération

«Les contrôles du trafic lourd renforcent la sécurité routière, favorisent le respect de la réglementation et contribuent à une concurrence loyale dans le secteur des transports routiers», comme l’expliquent les responsables. Depuis plus de vingt ans, les cantons effectuent ces contrôles pour le compte de la Confédération, que ce soit directement sur les routes ou dans les centres de contrôle du trafic lourd (CCTL) situés le long des routes nationales.

En complément, l’OFDF contrôle les véhicules et les chauffeurs dans le cadre des contrôles douaniers. «Cela permet de garantir que les véhicules présentant des défauts techniques ou surchargés soient retirés de la circulation et que les règles relatives aux temps de travail et de repos soient respectées», précise le communiqué de presse commun. Les données relatives à ces contrôles sont collectées depuis 2008, et l’OFROU publie les statistiques correspondantes depuis 2018.

Des défauts graves

Lors des contrôles du trafic lourd effectués l’année dernière, 25 868 véhicules au total ont été jugés non conformes. Dans environ 5500 cas, les défauts étaient si graves que la poursuite du trajet a dû être interdite. Ce chiffre est à peu près équivalent à celui de 2024. Dans les neuf centres de contrôle des poids lourds (CCTL) de la Confédération répartis dans toute la Suisse, 55 244 véhicules ont été contrôlés l’année dernière. C’est 9 % de plus qu’en 2024. Cette évolution notable s’explique par une raison structurelle. Avec l’ouverture de nouveaux centres de contrôle, comme à Oensingen (A1, canton de Soleure) et à Giornico (A2, canton du Tessin), les cantons réorientent leurs ressources consacrées aux interventions mobiles vers les contrôles fixes. Selon l’OFROU, ces derniers permettent des contrôles plus complets et plus approfondis sur le plan technique. Les contrôles de police mobiles (–7 %) ainsi que les contrôles de l’OFDF (–12 %) ont quant à eux diminué l’année dernière. «Les véhicules de livraison transportent de plus en plus de marchandises sur les routes nationales», écrit l’OFROU. C’est pourquoi ils ont fait l’objet de contrôles plus fréquents en 2025. Dans les CCTL, les autorités ont contrôlé 5331 véhicules de livraison, soit 71 % de plus que l’année précédente: 1150 véhicules de livraison ont été jugés non conformes (+62 %), et la poursuite du trajet a été interdite dans 324 cas (+115 %).

Le nombre de contraventions pour défauts techniques a augmenté de 18 % pour tous les véhicules, atteignant 8282 cas. Les cas liés à la pollution issue des gaz d’échappement ont notamment connu une hausse significative: ils sont passés de 177 à 365 (+106 %). Une part importante de cette augmentation concerne les véhicules de livraison: 149 cas ont été constatés.

Texte: Daniel von Känel 
Photos: Daniel von Känel / OFDF

 

Modifications concernant les véhicules de livraison

Le trafic intérieur n’est pas concerné

 

Les véhicules de livraison font l’objet d’une attention croissante lors des contrôles routiers, car de plus en plus de marchandises sont transportées à l’aide de ces véhicules utilitaires légers. Le Code de la route prévoit également une modification pour cette catégorie de véhicules, à savoir à partir de 2,5 tonnes. Elle ne concerne toutefois que le transport international de marchandises et entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Les véhicules d’un poids total supérieur à 2,5 tonnes utilisés pour le transport transfrontalier et pour lesquels la conduite représente plus de la moitié du temps de travail seront alors soumis à des dispositions révisées en matière de temps de travail et de repos, conformément à l’ordonnance sur le temps de travail et de repos (OTR 1). Ces véhicules devront ainsi être équipés d’un tachygraphe intelligent de 2e génération (Smart Tachograph 2). Cette adaptation vise à harmoniser la législation avec les normes internationales et a pour but d’améliorer tant la sécurité routière que les conditions de travail des conducteurs concernés. En revanche, aucun changement n’est prévu pour le transport de marchandises exclusivement national.

Texte: Daniel von Känel / Photo: Unisouth