Du Bödeli à Bâle

Transport et infrastructure Ausgabe-03-2026

L’ASTRA Bridge sera bientôt de nouveau mis en service.

L’ASTRA Bridge a refait surface: il se trouve actuellement sur le terrain de l’aérodrome d’Interlaken (BE), où il est préparé et testé en vue de sa prochaine intervention. A partir de juin, ce pont mobile sera mis en place ou plutôt en service sur l’A2 près d’Augst (BL).

A la mi-mars, quelqu’un a écrit «Que fait l’ASTRA Bridge sur le terrain de l’aérodrome?» sur le groupe Facebook «Du bisch vom Bödeli, wenn...». Le Bödeli, c’est la plaine au cœur de laquelle se trouve la ville d’Interlaken. C’est bien là, sur l’ancien aérodrome, que se trouve l’ASTRA Bridge. L’OFROU a répondu peu après à la question de l’utilisateur Facebook en organisant une conférence de presse. Le pont autoroutier mobile de 257 mètres de long y est actuellement entretenu, testé et préparé pour sa prochaine grande mission, a précisé l’Office fédéral des routes.

Le choix s’est délibérément porté sur Interlaken, et plus précisément sur le vaste terrain de l’aérodrome. La raison: ce pont est extrêmement grand et nécessite beaucoup d’espace pour son entretien et ses essais. C’est ici que ce pont fait l’objet d’une révision technique et qu’il est testé dans des conditions réalistes. Il s’agit avant tout de corriger les faiblesses constatées précédemment, notamment au niveau de l’électronique, des connexions ou du système de commande. De plus, ce site sert également à des fins d’entraînement et de démonstration, par exemple pour la formation du personnel ou pour d’éventuelles présentations devant les médias.

Une fois la phase de test et de maintenance terminée, l’ASTRA Bridge sera mis en service sur l’autoroute A2, sur un tronçon situé près de l’échangeur d’Augst (BL). Sur ce tronçon très fréquenté, il doit contribuer à maintenir la fluidité du trafic lors de travaux d’entretien planifiés, en particulier lors de travaux de revêtement ou de réfection.

Le pont a été rénové

La première mise en service de l’ASTRA Bridge, il y a un peu plus de quatre ans sur l’autoroute A1 dans le canton de Soleure, a connu des problèmes et a dû être interrompue prématurément. A l’époque, les rampes d’accès très raides faisaient que les chauffeurs étaient littéralement malmenés dans leur cabine, même s’ils étaient loin d’atteindre la vitesse prévue de 60 km/h. Les automobilistes freinaient également brusquement, bien qu’ils auraient sans doute pu rouler un peu plus vite que les chauffeurs de poids lourds, parmi lesquels certains ont même dû déplorer des dommages sur leur véhicule. La circulation a été fortement ralentie dans cette région déjà sujette aux embouteillages et les automobilistes ont cherché des itinéraires de contournement à travers les villages environnants, qui ont à leur tour souffert de la situation.

Tout cela a été pris en compte par l’OFROU après l’abandon de la première tentative. C’est ainsi que l’Office fédéral des routes a intégré les critiques et les enseignements tirés dans la refonte du pont mobile. Les rampes ont été allongées, ce qui a permis de réduire sensiblement leur inclinaison. Ce pont de chantier mobile a alors permis à tous les véhicules de le franchir sans restriction à une vitesse de 60 km/h, comme l’a montré sa deuxième utilisation il y a un peu plus de deux ans, également sur l’autoroute A1 dans le canton de Soleure. Il faut savoir que le principe du pont mobile, qui permet de faire passer le trafic au-dessus du chantier routier, a également suscité de l’intérêt à l’échelle internationale.

Texte: Daniel von Känel
Photos: LVK / DVK