Entre libertéet pression

Éditorial Ausgabe-04-2026

Une haute école romande a mené une étude sur les conditions de travail et l’identité professionnelle des chauffeuses et des chauffeurs en Suisse. D’une part, il apparaît que la liberté qu’offre ce métier est encore citée par beaucoup comme l’une des raisons pour lesquelles ils aiment exercer cette profession. Mais d’autre part, de nombreux professionnels se plaignent d’une détérioration des conditions de travail. En fait partie le contrôle de plus en plus étroit du personnel de conduite dû à la numérisation. Si cette dernière simplifie bien des choses, elle renforce toutefois les possibilités de contrôle et peut donc aussi avoir un effet restrictif. Si l’on porte trop atteinte à la liberté, qui constitue l’un des atouts du métier de chauffeur, la disposition à accepter de longues heures de travail diminuera en conséquence. Les chauffeuses et les chauffeurs sont fiers, à juste titre, de l’importance sociale de leur métier. En bref, pour assurer un bel avenir à cette profession, il faut, outre de bonnes conditions de travail en général, juste deux choses: la société doit encore plus prendre conscience de l’importance sociale de cette profession. Dans le même temps, la numérisation ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail: elle doit épauler les chauffeurs, et non aider à les espionner. Les chances de continuer à trouver du personnel motivé s’en trouveront alors renforcées. Après tout, la liberté n’est-elle pas un argument convaincant pour donner envie d’exercer un métier?

Daniel von Känel, rédacteur en chef