Entre progrès et stagnation – Places de stationnement pour camions

Association Ausgabe-03-2026

L’aire de repos Birrhard sur l’autoroute A1 dans le canton d’Argovie. Il devrait y avoir davantage d’aires de ce type avec des places de stationnement pour camions.

Depuis une initiative politique lancée en 2009, beaucoup de choses ont changé en matière d’aires de stationnement pour camions. Néanmoins, la recherche d’une place reste une épreuve de patience pour de nombreux chauffeurs professionnels. Où en est réellement la Suisse dans le développement des aires de stationnement réservées aux poids lourds?

Manque de place, aires de repos bondées et temps de conduite limité: la recherche d’une place de stationnement peut être une source de stress considérable dans la vie professionnelle des chauffeurs routiers. Cela doit changer et ce n’est pas une nouveauté. Dans sa motion parlementaire de 2009, le conseiller aux Etats Rolf Büttiker avait demandé que le manque de places de stationnement pour camions le long des routes nationales et dans les zones urbaines soit systématiquement combattu. Par la suite, le département compétent a chargé l’Office fédéral des routes (OFROU) d’évaluer les besoins en collaboration avec les polices cantonales et de définir un réseau national de places de stationnement pour camions. Un premier concept d’aires d’attente pour poids lourds a été élaboré dès 2009 pour l’axe nord-sud. Il a été actualisé et élargi en 2011/2012, notamment en tenant compte des passages frontaliers sur l’A9 en Valais.

Ce qui a déjà été réalisé

Au cours des dernières années, des places de stationnement supplémentaires ont été créées ou des installations existantes ont été agrandies le long de différentes routes nationales. De grandes aires d’attente ont notamment été aménagées sur l’axe nord-sud.

Voici quelques exemples:
– A2 Bodio et Monteforno (TI)
– A2 Ripshausen (UR) et A2 Knutwil (LU) 
– A1 Wileroltigen (BE/FR): env. 30 nouvelles places pour poids lourds
– A1 Gurbrü (BE): env. 15 nouvelles places pour camions
– A9 Rarogne et Saint-Maurice (VS): env. 100 places supplémentaires chacune

Ces installations permettent aujourd’hui de désengorger le trafic, notamment en cas d’embouteillages, de régulation ou de forte affluence, par exemple avant les passages alpins.

Ce qui est encore prévu

D’autres projets sont en préparation ou en cours de réalisation, notamment:
– A1 Genève–Lausanne (Pierre Féline, La Côte, Saint-Prex)
– A5 Yverdon–Bienne (Concise)
– A6 Thoune–Spiez (aire de repos Buchholz)
– A2 Neuenkirch: zone d’attente prévue avec environ 200 places de stationnement pour camions

La priorité est donnée aux sites à forte densité de trafic, à forte proportion de poids lourds ou présentant des exigences opérationnelles telles que le dosage. L’accent reste donc mis sur les axes principaux est-ouest et nord-sud.

Longues procédures

Les nouvelles places de stationnement pour camions ne se créent pas du jour au lendemain. Les terrains adaptés sont rares, souvent en concurrence avec d’autres emplois, et les procédures de planification font régulièrement l’objet d’oppositions, notamment en raison du bruit ou de questions d’aménagement du territoire. L’OFROU s’efforce d’intégrer ces aspects dès le début de la planification et de concevoir des projets aussi compatibles que possible. Néanmoins, les procédures peuvent s’étendre sur plusieurs années, au grand dam de nombreux chauffeurs professionnels. Point positif: les installations récentes tiennent compte des retours d’expérience, notamment grâce à l’échange avec les autorités d’exécution et les groupes d’intérêt du secteur des transports.

Ce qu’offrent les installations

Les aires de stationnement pour camions servent en premier lieu à respecter les temps de repos des chauffeurs de manière sûre et légale. L’OFROU distingue trois niveaux d’équipement: bas, moyen et élevé. Tous répondent toutefois à des normes minimales:
– WC et douches
– Bon éclairage
– Surveillance vidéo
– Si nécessaire, antennes WiFi et raccordements téléphoniques
– Nombre et disposition des places de stationnement
– Aires de repos (espaces verts avec tables et bancs)
– Raccordements à l’eau potable à l’extérieur (saisonniers)

Afin de déterminer les besoins en places de stationnement pour camions, l’OFROU collecte en permanence des données sur le trafic le long des routes nationales à l’aide de comptages automatiques. Cela permet d’évaluer le volume du trafic et son évolution dans le temps. Les données actuelles sur le trafic montrent qu’en 2024, le trafic lourd dans toute la Suisse était à peu près au même niveau qu’en 2010. Sur l’axe nord-sud, il a même diminué d’environ 10 %. «Du point de vue actuel, cela ne crée pas de besoin supplémentaire urgent de places de stationnement pour camions au-delà des projets déjà prévus», comme l’a communiqué l’OFROU. Dans le même temps, «une croissance modérée du trafic de marchandises est à prévoir à long terme». En effet, selon les Perspectives de l’évolution du transport 2050 de l’Office fédéral du développement territorial, le kilométrage des camions sur les routes nationales devrait augmenter d’environ 13 % entre 2025 et 2050. Concrètement, cela signifie que les installations déjà prévues doivent d’abord être réalisées. Ensuite, on réévaluera si d’autres sites sont nécessaires.

Même si les choses avancent plus lentement que ne le souhaiterait le secteur, chaque nouvelle place de stationnement améliore la situation. L’objectif reste de mettre à la disposition des chauffeurs des places de stationnement fiables, légales et sûres le long des routes nationales.

Texte: Fabienne Reinhard
Photo: Daniel von Känel

 

Aires de repos vs zones d’attente

Les aires de repos classiques sont destinées à tous les usagers de la route pour de courtes pauses. En revanche, les aires de stationnement ou d’attente réservées aux camions sont exclusivement destinées au trafic lourd.

Fabienne Reinhard