Les conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine sur l’approvisionnement énergétique et les prix de l’énergie ont également laissé des traces profondes dans le projet phare suisse sur l’hydrogène avec le Hyundai Xcient Fuel Cell. Si les quelque 50 camions Hyundai suisses des différentes entreprises de transport qui circulent depuis 2020 sont utilisés quotidiennement, l’expansion espérée à 2000 camions à pile à combustible et plus a été brusquement stoppée par la guerre en Ukraine et l’évolution des prix de l’énergie. Malgré toutes les prévisions pessimistes, Hyundai Motor Company a maintenu le projet et a démarré prématurément son expansion en Europe.
Un développement continu
Le coup d’envoi du projet général Hyundai a été donné lors du salon IAA de Hanovre en 2018. A l’été 2019, la coentreprise Hyundai Hydrogen Mobility (HHM) a été fondée par H2Energy à Zurich et Hyundai Motor Company. En collaboration avec le producteur et fournisseur d’hydrogène Hydrospider et l’association Mobilité H2 Suisse (exploitants de stations-service, grands distributeurs, transporteurs), le cycle nécessaire à la nouvelle technologie a été créé. Ce cycle a fonctionné de manière assez fluide dès le début et fonctionne encore parfaitement aujourd’hui.
La création en 2022 de la filiale à 100 % Hyundai Hydrogen Mobility Germany (HHMG) revêt une grande importance. L’expansion dans d’autres pays de l’UE est désormais également coordonnée depuis l’Allemagne. Actuellement, outre la Suisse et l’Allemagne, le Xcient Fuel Cell est déjà en service aux Pays-Bas, en Autriche et en France. Au total, plus de 170 camions à piles à combustible sont en service en Europe. Charles Cambournac, directeur de HHMG, a présenté les dernières évolutions lors du salon Solutrans à Lyon.
Au début, les réservoirs d’hydrogène étaient solidement fixés aux superstructures des camions, mais aujourd’hui, grâce au spécialiste Paul Véhicules utilitaires, il existe également un système de fixation des réservoirs autoportant. Celui-ci permet d’utiliser le Hyundai Xcient Fuel Cell même avec des superstructures mobiles ou des grues. Il s’agit par exemple des superstructures de collecte des déchets de chez Faun et Terberg ainsi que des conteneurs roulants (voir détails dans Routiers 7/2025).
Depuis son lancement en 2020, le véhicule de base a déjà connu plusieurs étapes de développement. Depuis l’été dernier, par exemple, un système de caméras remplaçant les rétroviseurs est également disponible.
Sinon, pratiquement inchangé à l’extérieur, le Xcient Fuel Cell est continuellement amélioré sur le plan technique grâce à la vaste expérience pratique acquise sur plus de 20 millions de kilomètres parcourus en Europe. La troisième génération de piles à combustible, désormais installée sous la cabine du conducteur, développe une puissance de 2×110 kW au lieu des 2×84 kW précédemment. Au cours de l’été 2025, HHM a été entièrement intégrée au groupe Hyundai Motor Company. Cela ne signifie toutefois pas que l’entreprise abandonne l’hydrogène et les piles à combustible. Hyundai a également annoncé un investissement de 500 millions de dollars US dans une nouvelle usine construite en Corée du Sud et destinée à la fabrication de piles à combustible.
Texte et Photos: Martin Schatzmann
Toyota s’engage en faveur de L’hydrogène
Piles à combustible et infrastructures
Toyota s’est positionné à l’échelle mondiale pour répondre à la transition énergétique de différentes manières. Outre les moteurs hybrides et électriques, le constructeur japonais travaille sur un moteur à combustion à hydrogène et sur des solutions de piles à combustible. La pile à combustible fabriquée industriellement (photo) est utilisée par divers partenaires, tels que Hyliko (voir à droite) ou VDL. Dans le même temps, Toyota s’efforce de mettre à disposition de l’hydrogène vert via une vaste infrastructure de stations-service. Il y a un an, Toyota Motor Europe a conclu un partenariat avec Hydrogen Refueling Solutions, un fabricant français de stations-service à hydrogène, et le groupe énergétique Engie, afin de développer un réseau de stations-service à l’échelle européenne.
Martin Schatzmann

