Le constructeur de camions au losange jouait pratiquement à domicile en novembre lors du salon Solutrans qui s’est déroulé à Lyon et en a profité pour présenter diverses nouveautés. La plus marquante était sans doute le nouvel essieu électrique de la grande série T, qui était exposé pour la première fois au public. Deux semaines auparavant, lors du salon transport.CH, Renault n’avait présenté qu’un modèle 3D, tandis que Volvo Trucks, la marque sœur du groupe Volvo, avait quant à elle présenté l’essieu lui-même. Renault Trucks souhaite concentrer l’utilisation de l’essieu électrique sur les longs trajets et l’employer donc exclusivement sur les tracteurs routiers. Cet essieu est d’une part plus efficace, mais il permet surtout de gagner de la place pour installer des batteries supplémentaires sur le châssis. Afin de compenser les problèmes de charge par essieu liés au poids des batteries, le groupe Volvo utilise systématiquement un essieu traîné directeur et relevable.
Deux versions d’essieux électriques
Avec les modèles T 780 et T 585, Renault Trucks lance deux versions différentes équipées de l’essieu électrique. Le T 780 est le modèle phare et dispose d’une capacité totale de 780 kWh grâce à ses huit batteries. Dans cette configuration, un camion de 40 tonnes devrait afficher une autonomie de plus de 600 kilomètres. Le T 585, avec une capacité de 585 kWh, offre une autonomie de plus de 460 kilomètres, ce modèle ayant d’abord été conçu pour offrir une charge utile maximale. L’ancien tracteur routier 4×2 de la gamme T Electric à transmission centrale s’appelle désormais T 540, avec une capacité de 540 kWh et une autonomie de plus de 450 kilomètres. En matière de batteries, le groupe Volvo mise sur une nouvelle génération de batteries NCA-Li-Ion (nickel, cobalt, aluminium) offrant une densité énergétique encore plus élevée.
Désormais, les poids lourds électriques Renault Trucks pourront être rechargés non seulement selon la norme CCS actuelle avec une puissance maximale de 350 kW, mais aussi selon la future norme MCS (Megawatt Charging) avec une puissance maximale de 750 kW. Les carnets de commande sont ouverts pour les trois modèles T et ces véhicules seront produits à Bourg-en-Bresse.
La dernière génération de batteries NCA est également utilisée sur le Renault Trucks D E-Tech Electric. A partir de l’automne prochain, des batteries LFP seront également utilisées à titre d’alternative, en même temps que sur le nouveau modèle D14. Avec ce dernier, Renault couvre désormais également la catégorie des 14 tonnes et élargit ainsi sa gamme de véhicules de distribution vers le bas. La France disposera aussi d’une variante de 12 tonnes, le D12.
Les nouvelles versions de ces véhicules sont principalement destinées à un usage urbain, en combinaison avec des superstructures normales ou réfrigérées. Les modèles D14 (et D12) sont équipés de quatre batteries de 44 kWh chacune, offrant ainsi une capacité totale de 176 kWh et une autonomie pouvant atteindre 220 kilomètres. La conception plus compacte des nouvelles batteries LFP permet d’utiliser un châssis plus étroit (2,39 m). Les modèles 16 tonnes du D électrique continuent de miser sur des batteries NCA et nécessitent pour cela un châssis plus large. Le D14 est équipé d’un chargeur embarqué de 43 kW prévu pour la recharge dans les stations à courant alternatif. La recharge rapide est possible jusqu’à 150 kW. Renault Trucks a également présenté à Lyon une version supplémentaire du Master. Le Master Offroad est équipé pour affronter les mauvaises routes grâce à des pneus plus robustes, une garde au sol plus importante et un châssis renforcé. Il est disponible avec une motorisation électrique ou un groupe diesel.
Appel à davantage de soutien
Outre ces nouveautés, Renault Trucks réclame en France davantage de soutien de la part des pouvoirs publics pour développer la mobilité électrique. Les responsables souhaitent notamment une modification des horaires d’accès, par exemple avec des livraisons de nuit, ou davantage de places de stationnement avec des bornes de recharge. Par ailleurs, outre la Suisse avec l’exonération de la RPLP, d’autres pays proposent des incitations similaires, mais pas la France. C’est pourquoi le constructeur français demande également une exonération de péages pour les camions électriques.
Texte: Martin Schatzmann
Photos: Martin Schatzmann / Renault
Volvo FL Electric 14
Sur un pied d’égalité
Les modèles D et D Wide de Renault Trucks sont fabriqués en Normandie, sur la même chaîne de production que les Volvo FL et FE. Volvo a donc également présenté un FL Electric pour la catégorie des 14 tonnes (voir photos). Selon Volvo, sur les 172 kWh de capacité des nouvelles batteries LFP, 145 kWh nets peuvent être utilisés. Le châssis de 2,39 m est disponible en plusieurs empattements compris entre 3,80 et 6,50 mètres, ainsi qu’en différentes configurations d’essieux. Les nouvelles batteries n’ont aucune incidence sur les configurations de carrosserie. Le moteur électrique de la transmission centrale de cette série dispose d’une puissance de 180 kW (245 ch) et son autonomie est estimée à plus de 200 kilomètres. Dès le début, Volvo Trucks a équipé les modèles FL et FE d’un système de recharge rapide en courant continu et d’un système de recharge en courant alternatif, ce qui est souvent très apprécié, notamment dans les dépôts des entreprises. Les camions peuvent être rechargés en courant alternatif jusqu’à 43 kW, et jusqu’à 150 kW avec un chargeur rapide CCS, une recharge complète sur une station à courant continu prenant une heure. La production débutera au cours du second semestre 2026.
Martin Schatzmann





