Une température de l’air supérieure à 35 degrés, un asphalte brûlant et plusieurs records de chaleur: l’été 2026 restera dans les annales. Sur l’A13, la chaleur extrême a même provoqué à deux reprises un événement rare. La chaussée s’est soudainement soulevée (phénomène dit de «blow-up»). Pour l’Office fédéral des routes (OFROU), cela a nécessité des interventions d’urgence et des réparations; pour les usagers de la route, cela s’est traduit par des fermetures et des déviations. «Heureusement, les épisodes de blow-up restent rares sur le réseau routier national», comme a répondu l’OFROU à une question posée à ce sujet. Lorsque cela se produit, ce sont les tronçons les plus anciens du réseau routier national qui sont touchés. Sous la couche d’asphalte, on trouve encore des dalles de béton datant d’anciennes méthodes de construction. Celles-ci se dilatent en cas de forte chaleur. Normalement, les joints entre les dalles absorbent ces mouvements. Mais s’ils sont encrassés ou si leur jeu n’est plus suffisant, d’énormes forces de pression s’accumulent. Et si celles-ci ne peuvent pas s’échapper latéralement, elles se déchargent vers le haut et la chaussée finit par se bomber ou se fissurer.
Lorsque chaque minute compte
«Lorsqu’un dommage est signalé ou découvert lors d’une inspection, il est essentiel d’agir rapidement», ajoute l’OFROU. Le service territorial compétent sécurise dans un premier temps la zone à risque et évalue les dégâts. Une réparation provisoire est ensuite effectuée, afin que le tronçon concerné puisse être rouvert à la circulation le plus rapidement possible. La remise en état définitive a lieu ultérieurement dans le cadre de travaux prévus, souvent de nuit, afin de limiter au maximum les répercussions sur la circulation.
La bonne nouvelle: les routes nationales actuelles sont nettement plus résistantes que celles des générations précédentes. Depuis environ 15 ans, l’OFROU impose l’utilisation de bitume modifié au moyen de polymères pour les revêtements routiers. Grâce à l’ajout de polymères, le revêtement conserve sa forme même en cas de forte chaleur. Parallèlement, les couches inférieures sont constituées de mélanges bitumineux particulièrement robustes, capables de résister à long terme aux sollicitations liées au trafic lourd et aux variations de température (voir encadré). Même la formation d’ornières, qui faisait autrefois l’objet de nombreuses discussions, ne joue pratiquement plus aucun rôle sur les routes nationales modernes.
Mais même les revêtements modernes ne sont pas à l’abri des dommages, surtout s’ils ont déjà été endommagés par des accidents ou d’autres incidents similaires. La majeure partie de ces dommages (plus des deux tiers) surviennent pendant la saison froide. Ce n’est toutefois pas tant à cause des températures négatives que des nombreux cycles de gel-dégel. En effet, ce sont ces derniers qui endommagent le plus la surface de la route.
Mais les vagues de chaleur ne sont pas les seules à mettre à rude épreuve les routes nationales: les fortes précipitations, les intempéries ou les glissements de terrain se multiplient également et posent de nouveaux défis. C’est pourquoi l’OFROU investit en permanence dans la recherche et le développement. L’objectif est de mettre au point des revêtements capables de mieux résister aussi bien aux périodes de chaleur extrême qu’aux périodes de froid intense. Parallèlement, un système de modélisation climatique est mis au point, qui associe les données météorologiques de MétéoSuisse aux données de mesure fournies par des capteurs installés sur les routes nationales. Cela permettra à l’avenir de mieux comprendre comment le changement climatique affecte les infrastructures et quelles méthodes de construction sont les plus résistantes à long terme.
Texte: Fabienne Reinhard
Photo: OFROU
Qu’implique un «blow-up» pour les chauffeurs?
– réduire sa vitesse et respecter la signalisation.
– ne jamais contourner les barrières.
– s’attendre à des fermetures de voies ou à des déviations de dernière minute.
– après des réparations provisoires, savoir que le déroulement de la circulation peut être temporairement modifié.

