Une ferme biologique à Künten, dans le canton d’Argovie: vers midi, un camion arrive, dont on n’entend que le léger vrombissement et le bruit des pneus sur la route. Mircea Petre, chauffeur de l’entreprise Bieri Food SA, effectue sa tournée de ramassage auprès des fermes produisant des œufs bio. Il réalise cette mission au volant de son nouveau camion, un Renault Trucks E-Tech T 6×2. Depuis cet été, ce camion électrique à batteries fait partie de la flotte de la société Bieri Food SA.
Un équipement intérieur optimisé
Le Renault Trucks E-Tech T, utilisé par la société Bieri Food SA, est équipé de trois moteurs électriques de 222 ch chacun, d’une boîte de vitesses Optidriver et d’un châssis de 28 tonnes avec un essieu suiveur orientable, déchargeable et relevable. La superstructure frigorifique dispose de 21 emplacements pour palettes et d’un système de réfrigération à deux zones. Le groupe frigorifique fonctionne entièrement à l’électricité, soit via le réseau 400 V situé sur le quai de chargement, soit directement à partir des batteries haute tension du véhicule. «Des systèmes de sécurisation du chargement spécialement développés, des cloisons robustes pour les zones de réfrigération ainsi qu’un aménagement intérieur optimisé pour le transport des œufs garantissent une sécurité et une efficacité maximales dans le cadre de l’utilisation quotidienne», indique la société Thomann Véhicules utilitaires, qui a livré ce véhicule.
La plate-forme élévatrice dotée d’une grande surface de chargement est également mentionnée comme point positif et le chauffeur apprécie son côté pratique au cours de sa tournée. Il commence par décharger les emballages vides, puis va chercher les œufs frais et les charge dans son camion électrique. Mircea Petre se dit jusqu’à présent très satisfait de ce dernier: il roule avec ce Renault Trucks E-Tech T depuis le mois de juin. «La cabine est à la fois très silencieuse et très agréable», ajoute-t-il. La crainte de ne pas avoir assez d’autonomie ne constitue pas non plus un problème: les batteries sont rechargées soit au dépôt d’Eschenbach, soit à celui de Rüti (ZH). Et si jamais l’autonomie venait à manquer, il peut s’arrêter rapidement à une borne de recharge en cours de route. «Je n’ai pas besoin de recharger complètement la batterie, seulement juste assez pour pouvoir rentrer au dépôt», poursuit-il. «Le plus souvent, une recharge d’un quart d’heure suffit.» Il peut ainsi effectuer des tournées qui vont jusque dans le Jura, près de la frontière.
«Nos entrepôts sont bien raccordés au réseau électrique et on peut simplement y brancher les camions», déclare Stefan Weiss, responsable Transport et membre de la direction de l’entreprise Bieri Food SA. C’est en tout cas ce qu’auraient démontré divers tests. Stefan Weiss aborde ainsi un point crucial de la mobilité électrique, à savoir l’infrastructure de recharge. Pour la recharge quotidienne dans les dépôts, des bornes de recharge CA de 43 kW sont disponibles sur les sites d’Eschenbach et de Rüti (ZH). Sur une borne de recharge rapide, le Renault Trucks E-Tech T atteint une puissance de 250 kW et passe de 20 à 80 % de charge en environ une heure.
Le Renault Trucks E-Tech T est le deuxième camion électrique de la flotte de Bieri Food SA, qui compte 19 véhicules. Grâce à des tournées faciles à planifier, la propulsion électrique s’avère très intéressante, explique Stefan Weiss. De plus, elle s’inscrit parfaitement dans la culture de l’entreprise, où la durabilité occupe une place prépondérante. Il est donc tout à fait possible que d’autres véhicules électriques viennent compléter cette flotte. Mais voilà: «Il faudra alors voir quelles mesures prendre en matière d’infrastructures lorsque davantage de camions électriques devront être rechargés», prévient Stefan Weiss. Il est important de noter que cela fait aussi partie de la culture de Bieri Food SA de proposer des solutions adaptées aux besoins des chauffeurs. De son côté, Renault Trucks a fourni des solutions sur mesure. C’est ce que confirme Mircea Petre, qui reprend justement la route pour se rendre auprès de la ferme suivante.
Texte et Photos: Daniel von Känel




