Il faut toujours attendre un certain temps avant que les constructeurs et les importateurs ne publient leurs chiffres annuels. Mais cela vaut la peine d’attendre, car ces chiffres sont très révélateurs. En Suisse et en Europe, les ventes de camions et de véhicules de livraison ont de nouveau reculé l’année dernière. En Europe, les immatriculations de camions neufs ont baissé de 6,2 %, pour atteindre un total de 307 460 immatriculations. En Suisse, avec une baisse de 17,6 %, on peut parler d’un véritable effondrement et les immatriculations de camions de plus de 8 tonnes se sont limitées à 3565 véhicules. En revanche, les ventes de véhicules destinés au transport de personnes ont connu une forte augmentation, en Europe comme en Suisse.
L’année de l’étoile
Le premier tableau montre quelles marques ont réussi à s’imposer en Suisse et dans quelle mesure. Ainsi, Mercedes-Benz a non seulement maintenu son niveau d’immatriculations de 2024, mais la marque à l’étoile s’est même hissée en tête des immatriculations de camions en Suisse, suivie de près par Scania, le leader de l’année dernière; à l’échelle européenne, c’est toutefois Volvo Trucks qui arrive en tête. Comme toutes les autres marques, Scania a enregistré une forte baisse en Suisse. C’est MAN qui a enregistré la baisse la plus faible, et comme le constructeur de la marque au lion a moins reculé que l’ensemble du marché suisse, il a même pu améliorer sa position et se trouve désormais à égalité avec Volvo.
Dans le secteur électrique, en revanche, le marché suisse des poids lourds (> 8 t) a progressé de plus de 70 % et a clôturé l’année avec 537 nouvelles immatriculations (voir petit tableau). En Europe, le marché des poids lourds électriques a également progressé, mais de 5,4 % seulement. Les camions électriques représentaient 15,1 % des nouvelles immatriculations en Suisse, contre seulement 2,0 % dans l’UE. Thomas Rücker, directeur d’auto-suisse, attribue principalement la part élevée de véhicules électriques dans notre pays au cadre réglementaire existant (mot-clé: exonération de la RPLP). Selon Thomas Rücker, l’incertitude croissante autour de la RPLP menace toutefois de faire perdre cet avantage à la Suisse.
Dans le segment des camions électriques, Mercedes-Benz a également été le grand gagnant en Suisse, grâce à l’eActros 600 tant attendu, qui a pu être livré en 2025 avec une bonne disponibilité générale, y compris dans notre pays. A noter que chez Mercedes-Benz Trucks Suisse, près de 30 % des nouvelles immatriculations de camions concernaient des camions électriques. Les anciens leaders suisses de l’électrique et véritables pionniers en la matière, Volvo Trucks et Renault Trucks, conservent leurs solides positions de numéro 2 et numéro 3. Ils ont par ailleurs annoncé une innovation majeure avec l’essieu électrique développé au sein du groupe, qui ne devrait toutefois avoir que peu d’impact sur les immatriculations en 2026. Et comme de plus en plus de constructeurs ont désormais intensifié la production de leurs camions électriques, il faut de toute façon s’attendre à des changements sur ce marché dans un avenir proche.
Vans et bus
Les véhicules de livraison ont connu des difficultés en Suisse et en Europe, même si le recul a été moins marqué chez nous (– 5,0 %) qu’en Europe (– 8,8 %). En Europe, les fourgonnettes électriques et hybrides rechargeables ont toutefois connu une forte progression (+ 68 %), tandis qu’en Suisse, leur nombre a pratiquement doublé; auto-suisse attribue notamment cette évolution à l’offre en forte croissance de ces véhicules rechargeables.
En ce qui concerne les autobus, le taux actuellement élevé de renouvellement du parc des sociétés de transport dans toute l’Europe a entraîné une forte augmentation du nombre d’autobus de ligne (voir tableau ci-dessous). Là encore, la marque à l’étoile s’est hissée en tête des immatriculations en Suisse. De manière générale, plus de 70 % des autobus de ligne dans le pays bénéficient d’une propulsion électrique.
Dans le secteur des autocars, nous constatons certes une certaine reprise du marché, mais la pandémie continue d’avoir des répercussions notables, notamment en raison des perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement, une situation qui touche certes l’ensemble de l’industrie automobile, mais qui se fait aujourd’hui particulièrement sentir dans le secteur des autocars. Cependant, comme divers fournisseurs d’autocars font état de carnets de commandes bien remplis, nous attendons avec impatience les chiffres qui seront publiés pour l’année en cours.
Texte: Martin Schatzmann
Photos: Schatzmann / divers
MARCHÉ SUISSE DES BUS EN 2025
Les bus urbains sont en plein essor
Dans le cadre de cette statistique, nous nous concentrons sur trois catégories. Nous n’incluons pas ici les camping-cars, ni les vans, qui sont également classés par auto-suisse dans la catégorie des véhicules de transport de personnes, ni la catégorie floue «Autres variantes».
Martin Schatzmann









